lundi 4 juin 2007

Le grincheux est de sortie.

Le temps est venu pour mon surly bike de montrer ce qu'il a dans le buffet. Surly est un adjectif anglais signifiant littéralement en français: Grincheux, hargneux, maussade, renfrogné bourru... au choix. Paraitrait que je le suis aussi, on risque de bien se comprendre nous deux. Depuis un mois il se la coule douce, respectivement dans le bureau et le salon sous mon regard attendri. Je lui accorde quelque temps pour s'émanciper, viendra alors le moment de tenir compagnie à ses deux grands frères à la cave ou au garage.
Samedi, j'ai bossé le matin, pris une bonne dose de sucres lents le midi, le temps ne m'est plus compté jusqu'à lundi 8h30. Le ciel n'est pas trop moche, surly a les crocs. On taille, il est 15 heures. Cap au sud: Châteaulin, je passerai la nuit dans les environs. Imitant un vieux crouton de général d'infanterie, penché sur sa carte d'état major, le monocle bien calé, j'ai repéré le noeud stratégique, comme on dit. Effectivement ce bourg se trouve approximativement au centre d'une zone qui couvre au nord Brest, à l'ouest la pointe de la presqu'île de Crozon, à l'est les monts d'Arrées au sud ouest la pointe du Raz. Pour la route à suivre j'aviserai demain matin au réveil.
Le ciel est gris virant vers un blanc qui laisse entrevoir l'éclaircie, qui d'ailleurs ne viendra jamais, plutôt que la pluie. Le vent est nul, le fond de l'air doux, 17 degrés, les mollets sont affûtés, les cuisses épaisses comme de gros jambons. Les conditions sont donc optimales pour pédaler.
La route qui m'entraine de Brest à Châteaulin serpente à travers des bourgs aux noms charmants( Plougastel, l'hopital Camfrout, le Faou, port Launay...), de nombreuses bosses, idéales pour s'amuser à saute moutons, dont une plus longue à la sortie du Faou offre comme récompense une fois sur sa hauteur une sympathique vue partielle des presqu'îles de Plougastel et Crozon. Après reflexion je ne suis pas certain pour celle de Plougastel. A droite sur la photo je miserai sur celle de Logonna Daoulas si jamais il en existe une. Je ne vais pas chipoter, si ce n'est celle de Plougastel, disons que c'est son avant poste .
Avant de partir j'ai noté un camping sur les hauteurs de Châteaulin, sur la route du Menez Hom. Au centre ville j'en prend donc la direction, la route grimpe amicalement. Après le viaduc je devine en amont un raidillon drôlement" baleze" coupant la route sur la droite. A sa hauteur je reluque le panneau indicateur: Ty Provost, bordel c'est le lieu dit où je me rend. Je vire au dernier moment, face a moi se presente un véritable mur, pas le temps de changer de développement , trop tard , j'ai pas anticipé! Je me le tape avec les battements de mon coeur qui la jouent rock'n roll et résonnent dans mes tempes, mes cuisses ne sont plus des jambons bien fermes mais de la fonte. Avec surly je peux grimper un mas de cogagne en fumant la pipe, faut voir les développement qui l'habille, le bougre. Le plus petit pour les pentes extrèmes est un 22 dents à l'avant couplé à un pignon de 32 à l'arrière. Pour les profanes, avec cette configuration si on ne tourne pas les jambes à bonne cadence on tombe à la renverse.( J'exagère un tout petit peu). Par contre si tu n'utilises pas tes développements à bon essien, ne percutes pas illico comme dans le cas présent tu morfles sévère, ou alors il te reste l'humiliation suprème de mettre pied à terre. Pitié jamais ça!
Suite à cette bonne sué j'arrive au camping. Chic, à part deux ou trois poilus je suis le maître de plusieurs hectares. La vue sur l'Aulne et ses boucles est reposante. Je laisse couler le temps en flemmardant jusqu'au moment où mon estomac se souvient des ses besoins primaires. Je le satisfait d'un cassoulet préparé avec amour, d'un demi pain, d'un morceau de Beaufort et d'une orange. Pour faire passer le tout 3 sachets de café soluble carte noire ( avec un j'ai l'impression d'avaler un breuvage de fillette) moins "dégueu" que le nescafé.
Affalé sur l'herbe je digère william Saurin, bercé par le ron-ron monotone de France intox. J'attend qu'un train passe, peinard, relax. Je commence à piquer du nez, un oeil se met à dire merde à l'autre. Planqué derriere la visière de ma casquette des blues de st Louis, qui commence à ressembler plus à une galette qu'à un couvre chef, je le vois se diriger droit sur moi bien que son clébard tire sa laisse dans une autre direction. Mon petit doigt me dit que je ne vais pas y échapper. Bingo! une heure après je connais tout de mon lascar: Il a 55 ans, vient du Pas de Calais, visite la région avec le guide vert Michelin, adore les calvaires bien garnis du coin et les églises, trouve chiant que le camping soit vide (parle pour toi mon gros), me gonfle avec les langues régionales , bref un monologue qui n'en finit plus. Il est bien sympa le pépère mais j'ai envie de roupiller moi. Il me sort qu'il est du centre tendance Sarko , j'en ai rien à cirer moi! Je profite de l'opportunité pour lui balancer tout le bien que je pense du nain esperant le faire fuir. Peine perdue, ça lui recharge la pile et il s'excite de plus belle, commence à délirer sur l'insecurité. Je sens le vent mauvais et prétexte un gros besoin pour mettre fin à mon martyr. Il n'oublie pas de me dire à demain.C'est ça ouais, tu peux être sûr que dès l'aube je mets les voiles! Après cette affaire ne me dites pas que je ne suis pas à l'écoute de mes semblabes, je trouve que sur cette affaire j'ai été trop bien élevé. Comment elle fait sa femme pour tenir? J'ai fait ma B A annuel pas la peine de venir m'emmerder avec les lépreux et me taper des pieces jaunes, grace à moi elle a eut une bonne heure de répit dans le cabanon pour jouer à la crapette ou se creuser les méninges avec le sudoku du journal local.
La tente est un peu étroite, elle me rappele quelque chose, bah au moins quand l'heure du jugement dernier sonnera je ne risque pas d'être dépaysé. Dedans si tu as envie de te gratter l'oreille avec les doigts de pieds, tu peux oublier, acrobaties garanties pour se dévetir et se lover dans le duvet sinon tu défonces tout. La notice indique qu'elle est prévue pour deux personnes. Elle a du être conçu par des lutins. Il faut mieux prévoir ses petits besoins si l'on veut éviter de se désarticuler en pleine nuit pour enfiler vêtements et chaussures. Je n'y échapperai pas. Je m'endort comme une enclume dans un agréable fumet de pompes mariné au jus de chaussettes
Branle- bas dès les premières lueurs. L'humidité a oeuvré durant la nuit, le sol est trempé, le brouillard dense. Café, pomme, quelques biscuits Figolus en guise de petit déjeuner. Je remballe tout le matos, y compris la tente mouillée, pas de temps à perdre sinon je risque de croiser ma pipelette de la veille. Le local du gérant indique qu'il prend ses quartiers à 9h30, je lui laisse un mot signifiant que je lui enverrai un chèque de 4 euros pour la location du terrain dès mon retour. Imitant un chevalier de l'apocalypse je plonge sur Châteaulin à fond les gamelles en perçant le brouillard, j'y trouve un bar tabac presse ouvert, boit un bon café noir, décortique l'Equipe tout en fumant la premiere cigarette de la journée. Le bonheur! Un matin sans ces trois ingrédients conjugués ne mérite d'être coché.
Direction les monts d'Arrée, mon far west, mon eldorado, les grands espaces, un terrain de jeu sans barrières, le prolongement de l'enfance à l'échelle adulte. Je réveille Sergio Leone. St Ségal, Loperec, st Rivoal, Brennilis, Botmeur... les villages défilent, rien ne les différencie les uns des autres, pas de vie c'est le jour du seigneur, du repos, tout est en suspend comme dans un film du cuisinier roi des spaghettis. A leur entrée je suis sur mes gardes prêt à dégainer, mais non pas de "pistelolero " surgissant du coin de la rue colt à la main pour me faire cracher le plan du magot planqué quelque part dans le cimetière, et me refroidir ensuite si affinités, pas plus que de joli clone de Claudia Cardinale tirant l'eau du puits ou étendant le linge , attendant le premier "gringo" de passage pour l'arracher à l'ennui et l'emmener au loin sur sa monture découvrir les mirages de la ville. Entre ces villages on ne sent plus la civilisation si ce n'est celle d'un temps révolu. Les voitures sont rares, quelques habitations isolées, un lycée agricole au milieu de nulle part, ou il est vain pour les pensionnaires de sécher les cours pour aller au ciné ou claquer une partie de flipper au bistrot du coin. Encore des jeunesses gachées! Des clôtures, quelques champs labourés rappelent une présence humaine au milieu de ces paysages pelés par les vents dès que tu montes un peu. Le bruit du silence entremelé de ceux de mon souffle et du cliquetis de ma roue libre. C'est vraiment chouette.
J'arrive à Sizun et profite du bistrot ouvert pour m'envoyer un bon demi bien frais. En passant devant l'église je pouffe de rire en me remémorant mon empêcheur de dormir du camping et sa grande passion pour les calvaires bien garnis. En quittant Sizun pour Brest je laisse derriere moi les monts. Avant Landerneau je trouve un bon endroit pour le casse croûte de midi et pique une grosse sieste du tonnerre. Le ciel est gris, pas dans le ton de celui qui annonce l'éclaircie, un gris plus proche de la feraille, que de l'immaculé, annonciateur de pluie. En d'autres moments j'aime bien le large ruban asphalté qui mène de Sizun à Landerneau, mais là après quelques heures sur les routes des monts d'Arrée étroites, épaisses comme des feuilles de papier cigarette, je le trouve prétencieux et terne. Landerneau dernière gare avant le terminus, en train, ou a vélo par la petite route touristique qui ressemble à des dos de chameaux, les derniers kilomètres le cou se tordant sur la gauche pour le spectacle des rives de l'Elorn, le port de plaisance qui me laisse de marbre avec ses petites coques de rien du tout, contrairement aux énormes mastodontes du port de commerce véritables invitations aux Amériques, qui inspirent la mélancolie. cette fois j'évite la petite route pour remonter vers le nord à Plouvien via st Divy faire coucou à Florian et mine de rien rafraichir ma mémoire sur la façon de réviser le bac. Raté il étudie la meilleure prise en main possible de la télécommande tv. Comme prévu entre Plouvien et Brest un petit crachin s'invite pour me signifier que l'heure est venue de rentrer à la maison





























































































































































































































































































































































































































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mercredi 18 avril 2007

Dernier virage à droite avant l'emballage final


Tous les cinq ans, toutes les compromissions, tous les mensonges sont permis afin d'aller cueillir le bouquet de " The race". Heureusement ou malheureusement elle attire de moins en moins les foules rapport à l'affligeante médiocrité des acteurs et du "rata" qu'ils nous servent.
Revue des effectifs.
Sarkozy le favori des bookmakers, déterminé génétiquement pour cette course , entouré d'une garde de chiens méchants ( Devedjian, Estrosi..) prête à balancer la concurrence dans le talus pour la victoire du "killer né", de sponsors puissants (CNPF, Matra, Dassault , Virenque et sa pharmacie...) d'un fan club où la fine fleur de notre élite morale et intellectuelle est représentée( Tapie, Jojo, le Doc, Clavier...). Autre avantage non négligeable: Il est aux manettes de l'organisation de la course depuis cinq ans, donc a eu tout loisir de tracer le parcours qui l'avantage. Cependant rien n'est fait, surtout depuis qu'il a pris la decision de calquer sa course sur celle de Le Pen, d'imiter son coup de pédale. Un coup de pédale lourd et peu esthétique dans la tradition de quelques coureurs teutons et italiens des années trente du siecle dernier. Dans sa soif de victoire et de gloire qui lui ôte raison et discernement, il fait le taf et les basses oeuvres pour le gros borgne bien calé dans sa roue à l'abri du vent , qui lui n'attend plus que les derniers mètres pour le sauter au sprint. Bah, Sarkosy n'est qu'un porteur de bidons.
Royal lancée dans la course comme un baril de lessive en tête de gondole . Vrai faux sourire, vraies dents élimées , le charisme d'une palourde, la voix d'un speaker aphone, les idées qui marinent dans l'huile rance au fond de la friteuse. Sa seule stratégie pour gagner est de jouer sur la peur de "Stan Sarkozy et Laurel Le Pen" comme ces derniers le font si bien avec celle de l'étranger. la vie par procuration en somme. pitoyable! Soyons redevables aux expérimentés et vénérables coursiers Fabius et Strauss Khan d'avoir mis pied à terre dès le km zéro de la course, refusants de bosser pour l'imposture dont le destin est de finir aux oubliettes de l'histoire, et à ce qu'elle sait le mieux faire : Aider le curé de sa paroisse pour le catéchisme du mercredi après-midi en préparant le goûter des chieurs du coin et bavasser autour d'une bonne tasse de thé avec les rombières du Rotary club, ricanant de Jaurès , Blum et des acquis sociaux qui s'en sont allé au vent misérable de mai. Royal, un choix judicieux pour faire exploser l'équipe ps et la réduire à néant. Le mythique Mitterand fait la gueule outre tombe.


Bayrou, le monsieur propre du peloton, frotte à droite, récure à gauche, fayote avec tous les coureurs avec l'arrière pensée d'assurer sa place dans l'équipe victorieuse pour les saisons à venir. Il veut changer les règles du jeu mais oublie de dire qu'elles permettent de faire avancer le bonhomme depuis des lustres. Le monsieur se prend pour un jeune espoir, rêve d'un monde nouveau alors que toute son éducation vient des illustres grabataires Giscard , Barre gardiens d'un monde préhistorique. Bayrou t'as pas la tête qui enfle comme une pastèque par hasard? Malgré tout, ferait un vainqueur moins pire que les trois cités plus haut, c'est vous dire la qualité du plateau! Le plus de Bayrou: sa caravane publicitaire est animée par Patrick Sebastien. Distribution gratos de cochonaille et de gros rouge sur le bord de la route. Un atout à ne pas négliger
Au tour des figurants, en piste, avec pour seule ambition de montrer le maillot. Il y avait de quoi monter une sympathique équipe capable d'imposer le tempo à suivre à Royal avec Besancenot l'espoir pas encore rincé par les heures de routes, Bové le desperados casse- cou et casse tout aussi, Buffet la madone d'un sport propre(quoique celle-ci se positionne un peu trop en fonction de Royal, espérant ainsi que cette dernière lui laisse quelques miettes sur les courses de seconde zone.)Arlette pour sa course d'adieu, le copié-collé de Jeannie Longo, monstre d'endurance et de ténacité, Schivardi, mon chouchou avec son joli nom de métèque pour faire chier Le Pen , des pognes de maçon pour balancer des baffes sur sarkosy et royal. Ces cinq préfèrent la jouer perso. Tout à fait respectable, mieux vaut tomber avec ses idées que gagner avec celles des autres. Je suis gré à ces coursiers de ne pas astiquer la peau de chamois de Royal, de ne pas se vendre au ps, contrairement à De Villiers qui n'est sur la course que pour servir de poisson pilote à Sarkozy et Le Pen.
D'après les RG quelques taureaux furieux localisés au bord de la route s'apprêtent à encorner Nihous, et quelques tourterelles à lui balancer des fientes bien senties. Bien fait! Voynet, aucune chance. En piste pour parfaire sa condition, éliminer son surplus de kilos et assurer la promo du gel douche Ushuaïa du camelot Hulot. Dimanche, jour de la course, soleil pour tous dans L'hexagone, vu la pauvreté du plateau n'ayez pas de remords à sortir les gaules du placard ou les vélos du garage plutôt que de participer au mauvais spectacle. Si vous êtes dans la région brestoise dimanche, ne manquez pas La TRO BO LEON un remake façon serie B de Paris- Roubaix tout à fait acceptable. Départ de la course à Lannilis.Tiens, justement l'australien O' Grady s'impose dimanche dernier sur Paris-Roubaix. Rien de plus normal pour un descendant de bagnard de rafler la mise sur la course qui symbolise le mieux les forçats de la route. ça renifle bon, enfin un petit gars du terroir( Sébastien Joly) savoure une victoire sur une course cycliste, en l'occurence Paris-Camembert. Bon, pas de quoi en faire un fromage, 95 pour cent des participants étaient Français.











































































mardi 10 avril 2007

Le tour des Flandres.

Dimanche 15h20 pétante je pose mon cul sur le canapé et allume la tv sur France 3. Horreur et damnation je tombe sur cette tête d'abruti fini de Grosjean. Ils ont osé déprogrammer le monument de cyclisme qu'est le tour des Flandres pour nous mettre France-Russie de tennis. T'as trois courses de velo à ne pas zapper dans l'année: Les Flandres, Paris - Roubaix et le tour. Bilalian et sa clique du service des sports n'ont honte de rien, il faut les vider ces enfoirés.
Faut vous dire que j'ai jamais pu piffer le tennis, voir tous ces cons gesticuler avec dans la main à ce qui ressemble à un filet pour papillons, avec leur polo Lacoste floqué de France, alors que depuis bien longtemps tous ces gros malins sont partis planquer le magot en Suisse ou à Monaco ça me file de l'urticaire. Dire que Rolland Garros approche et va vampiriser les pages de l'Equipe, dur dur!
Pour en revenir aux Flandres Alessandro Ballan(190cm et 72 kilos d'élégance) a terrassé l'ogre Boonen. Acceleration dans le dernier mont de la course, digne du regretté Marco Pantani, seul Hoste suit la cadence pour finalement être mystifié par Ballan au sprint.
Avouez que Ballan a une bonne gueule de champion, tout le contraire de Grosjean( rien que le nom te predestine à une carrière de looser eternel) et de sa tête de noeud.
Ah ouais, au fait, l'equipe de "Suisse" de tennis s'est faite planter par les Russes.Ouf! je suis peinard pendant un an. Vous pouvez ranger vos petits drapeaux tricolores.

lundi 9 avril 2007

Roc Trevezel

Samedi 7, virée à roc Trevezel sous un beau ciel bleu et un petit vent froid venu de l'est. C'est emmerdant mais de savoir qu'il va me pousser pour le retour relativise l'inconvénient. Casse croute au sommet du roc , pause cigarette sur la route du retour au bistrot du coin à Sizun.